Le choix de l’optimisme : La clé mentale face a la crise

22 Octobre 2019. Je me demande bien quelle est cette apathie qui traverse le corps et l’esprit. Quel est son message, son essence, sa finalité ? Le sentiment d’un vide après une période de tempête qui a tout balayé sur son passage, laissant désordre et chantier à reconstruire. Un coup a été reçu, déséquilibrant toute la stabilité du corps et de l’esprit. Qu’y a-t-il de plus énigmatique que cet instant succédant la tempête ? Les questions qui se suivent et se répètent parfois, auxquelles nous tentons de répondre avec des zestes de rationalité face à l’irrationalité. Le mystère est entier. Le chantier est grand. Le changement se profile. Les plans sont à dessiner, hier n’existera plus jamais, tout comme cette tempête. Chacune de ces tempêtes est unique. Sa force de frappe est à chaque fois singulière et éphémère. La reconstruction commence maintenant. L’apathie s’envolera bientôt, si sa liberté est respectée. Maintenant est le début d’un lendemain plus heureux.

Ce lendemain plus heureux peut espérer montrer le bout de son nez grâce à ce que la psychologie positive à mis en avant depuis quelques années : l’optimisme. C’est en lisant l’article de la revue cerveau & psycho que l’envie m’a prise d’écrire à ce sujet. J’ai ensuite regardé « A la recherche de l’optimisme » pour m’inspirer. Puis j’ai feuilleté mon carnet de notes et j’ai remis la main sur ce texte datant d’octobre. Je crois qu’il ne pouvait pas mieux tomber. La crise actuelle est une période inédite, tant pour les athlètes que le monde entier. Chacun voit sa vie transformée, bousculée. Mais peut-être est-ce un temps pour voir le bon côté des choses ? 😊

Vous connaissez peut-être ces chiffres suivants, mais il est bon de les rappeler. Les scientifiques se sont intéressés à notre capacité d’accroître notre bonheur. Ainsi, il a été démontré que trois facteurs permettaient de développer notre bonheur :

  • Votre part de génétique (50%)
  • Vos conditions de vie (10%)
  • Vos actions (40%)

Un optimiste dirait que le pourcentage de nos actions est énorme et que c’est encourageant. Un pessimiste dirait que ce n’est pas la moitié de 100% et que c’est insuffisant. Tout est une question de choix. Cette période de confinement vous pousse également à prendre des décisions quotidiennes pour la vivre au mieux. L’optimisme peut vous aider à faire de ce moment de vie inédit, une opportunité.

La sélection des informations par le cerveau

En cette période, qu’est-ce qui vous fait du bien ? Qu’est-ce qui vous procure joie, apaisement, sérénité, espoir ? Savoir repérer la douceur d’un moment qui vous fait du bien donne du baume au cœur. Il y a cette sensation de vie qui parcours le corps. Une énergie qui vous porte. Ce sont de brefs moments qui s’envolent, s’étiolent dans le temps qui n’est plus. C’est un moment perdu à jamais. Il peut être gravé en mémoire pour des jours, des mois, pour toujours. Reconnaître le bien qui nous arrive, c’est explorer à nouveau avec gratitude que la vie nous offre de petits et grands moments. Cette gratitude est la contrebalance de ce qui peut nous arriver de moins joyeux. Pourtant tout aussi éphémère que le bien, le mal peut avoir cette capacité de s’ancrer plus longtemps sur nos mines déconfites. Peut-être avons-nous un rôle à jouer pour ne pas rester attacher aux moments douloureux ? Sans nul doute. Ouvrir la main, sentir la corde de la résistance glisser entre les doigts et laisser la colère ou la tristesse s’en aller. Lâcher prise. L’émotion désagréable était bien là, elle est passée livrer son message. Inutile de garder ce message trop longtemps. Laisser aller. Car d’autres moments de joie attendent leur tour pour éclore comme une nouvelle fleur de printemps. Dans ces moments moins drôles tel que la situation actuelle, l’optimisme peut être là, bien présent.

Faire le choix de l’optimisme lors d’une crise assure des effets secondaires bénéfiques. De son côté, le pessimisme vous bloque dans ses certitudes sombres. Votre cerveau et votre corps sont régit par l’équilibre. Ainsi, votre cerveau accorde de l’importance à ce que vous choisissez pour créer un alignement. Le cerveau s’en fou de ce que vous choisissez. Son but à lui est de créer un équilibre et de l’harmonie pour ne pas déstabiliser le système. En choisissant l’optimisme, votre cerveau s’accorde en réalisant 3 étapes (le cerveau du pessimiste fait le même processus) :

  • Filtration de l’information
  • Distorsion de l’information
  • Généralisation de l’information

Ainsi, le pessimisme vous pousse à regarder du matin au soir les informations et faits divers. Le pessimisme pousse à commenter sans cesse, sans plan d’action derrière. Il se nourrit de tout ce qui va être en accord avec lui (le négatif). L’optimisme pousse davantage à l’action en sélectionnant les informations pertinentes et utiles pour créer un nouveau lendemain. Par exemple, une compétition ratée pousse un pessimiste à généraliser les futures compétitions comme de potentiels échecs. De son côté, l’optimiste ne se laisse pas prendre par l’émotionnalité négative de la situation. Il va plutôt être proactif, en recherches de nouveauté pour progresser. Il développe l’épanouissement et l’accomplissement de soi.

La notion de crise

« Nous ne voyons pas combien il serait important que nous soyons bouleversés, dans un état de grande incertitude intérieure, privés de nos points d’appui. Car n’est-il pas vrai que l’on ne peut découvrir, percevoir, comprendre, que dans l’insécurité ? »

Krishnamurti, La première et dernière liberté

A la question « Qu’est-ce qu’une crise ? », Edgar Morin donne une réponse simple et limpide dans son livre « La crise » : « C’est l’accroissement du désordre et de l’incertitude au sein d’un système (individuel ou collectif). » La crise vient donc déséquilibrer et semer la pagaille. Le doute s’installe. Des questions fusent. Des réponses manquent à l’appel.

La crise fait partie intégrante des changements et transitions de la vie d’un athlète. Elle nous rappelle à quel point nous ne contrôlons pas totalement la vie. Etre complètement avec cette incertitude du futur, c’est faire corps avec l’incontrôlable et laisser des peurs subvenir, sans leur laisser une place trop importante. Cette notion est essentielle car les peurs peuvent vous submerger. Ces peurs vous prennent par la main pour vous raccompagner et vous dire : « A quoi bon… » ou bien « Et maintenant ? ». Cette crise vous met face à vous-même, et potentiellement à vos peurs.

La peur alimente le pessimisme. Celui-ci vous dirige doucement mais sûrement vers la sécurité, le confort. Il n’y a pas de prise de risque avec le pessimisme. Juste de la colère, de la révolte sans lendemain. Il y règne un sentiment de tristesse ambiante. Comme le cite Catherine Testa dans son livre « Osez l’optimisme », « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté » (Alain). Cette citation va de pair avec ce qu’a développé Fredrickson : « Broaden and build model ». Rebecca Shankland l’a traduit comme « élargir et construire ». En ce sens, les émotions positives procurées par l’optimisme vous embarquent dans un processus. Elles entraînent un élargissement de l’empan attentionnel. Ce dernier va entraîner une augmentation de vos capacités à résoudre les problèmes. Magnifique non ?

Aujourd’hui, les objectifs sont à l’arrêt, la progression est en berne. En berne ? Pas si sûr. Car chaque crise tient son lot d’enseignements pour le futur. Négatif ou positif ? A vous de voir. En tant qu’athlète, vous êtes régulièrement confronté à des situations de crise, de déséquilibre. Que cela soit une blessure, un échec en compétition, un niveau qui stagne sans savoir pourquoi, un changement d’entraîneur ou de club. Vivre le déséquilibre pleinement est un élément important car vous savez que lors de la prochaine tempête, vous saurez y faire. Choisir le camp de l’optimisme peut contribuer à vous faire progresser.

Le choix de l’optimisme

« Le facteur décisif, c’est la décision. La liberté de choix en dépit des conditions. Je veux agir librement comme un être responsable, c’est-à-dire comme un être humain, malgré les pires conditions. Songez à ceux qui ont vécu des années durant comme prisonniers dans des camps pendant la guerre. […]. Ce que l’on doit faire savoir, c’est que les gens sont libres. Et si vous observez et étudiez la vie de ces gens avec un regard détaché de scientifique, vous voyez des êtres totalement déterminés et soumis à ces conditions, sans voir la liberté et la responsabilité. La responsabilité d’eux-mêmes, la responsabilité de faire quelque chose. Le désespoir, c’est la souffrance dépourvue de sens. Tant qu’un individu ne peut trouver aucun sens à son désespoir, il sera certainement plongé dans la souffrance, voir poussé au suicide. Et à l’instant où il voit un sens à son désespoir, il peut le transformer en accomplissement. Il peut transformer sa tragédie en triomphe personnel » (Viktor, Frankl).

Être libre de ses choix est une responsabilité importante. Je vous invite à regarder la finale du concours d’éloquence dans le film magistral « Banlieusards », dans lequel Lisa et Soulaymaan se renvoie des joutes sur le thème de la responsabilité, évoquant la guerre de la vie et qui se clôture magnifiquement par la réplique de Souleymann : « Je ne laisserai ni à vous, ni à l’état le pouvoir de décider pour moi. Victime ou soldat, gardez bien en mémoire lequel de ces deux fut mon choix ».

Vous prenez des décisions chaque jour, aussi petites soient-elles. Comprenez bien que le processus de décision est graduel, et que chaque décision ouvre la porte à une autre. « Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs » disait Mandela. Avant de décrire les étapes de l’optimisme, voici ce qu’il n’est pas. Cela coupera l’herbe sous le pied aux pessimistes 😉.

Les fausses idées sur l’optimisme

L’optimisme ne revient pas à dire que tout est parfait et qu’il pousse à être en plein déni de ce qu’il peut se passer de désagréable. Bien sûr que cette situation incroyable génère des pensées et des émotions désagréables. Bien sûr que chaque athlète est plus heureux dans son élément. En tant que traileur confiné dans un appartement dans le centre de Bordeaux, j’ai connu des moments plus folichons. Encore que, je commence vraiment à aimer ce confinement parce qu’il m’offre tout le temps pour écrire. L’optimisme permet de faire de la place aux faiblesses, aux défauts, aux expériences désagréables, tout en apportant sa vitalité pour aller bien.

L’optimisme, ce n’est pas non plus faire tapi avec une main de 2 et 4 en se disant que ça va passer, sans avoir vu ne serait-ce que le flop. L’optimisme s’accompagne volontiers de la lucidité et de l’intelligence émotionnelle. Il est plus complet que la simple méthode Coué. Le cerveau n’est pas facile à duper. Cela me fait penser aux athlètes me témoignant qu’ils essayaient de se convaincre que tout allait bien pour contre-carrer le stress ressenti en compétition. Cette stratégie était complètement dysfonctionnelle et ils le sentaient. Ils oubliaient une partie majeure de l’expérience. L’accepter pour s’adapter.

Donner du sens et se recentrer sur ses ressources

Faire preuve d’optimisme revient à prendre des décisions dans le sens de vos valeurs et aspirations profondes pour votre futur. Tout en ayant conscience de vos limites et des risques. Vous créez du sens et de la cohérence entre ce qui vous anime et ce qui vous arrive.

M. Seligman nous fait part que la recherche de sens est un facteur répondant à un bonheur plus durable que la recherche de plaisir. Donner du sens à cette crise et à ce que vous pouvez en tirer de positif est donc essentiel. Vous recentrer sur l’essentiel peut passer par l’étape de l’isolement (nous ne serions pas en période confinement ?). Cette période où nous avons besoin de nous recentrer sur nous-même. Cela peut paraître mystique à première vue, comme ce brouillard épais un bon matin d’automne. La question à vous poser est la suivante : Qu’est-ce que je veux vraiment retirer de cette situation ? Peut-être qu’aucune réponse ne surgit directement. Peut-être qu’un « je ne sais pas » va se prononcer, en guise d’évitement. Ce n’est pas grave. En cette période, vous avez le temps. Appuyez-vous sur vos valeurs, vos qualités et vos ressources extérieures pour répondre à cette question.

S’adapter et rechercher des solutions

Le pessimisme réduit l’étau jusqu’à modeler une rigidité mentale vous empêchant d’agir. L’optimisme est quant à lui associé à la flexibilité mentale. L’optimisme incite à faire preuve de sincérité envers soi en cohabitant pleinement avec les émotions désagréables. Je vous ai fait part dans mon dernier article de ce qu’est l’acceptation. Il est aujourd’hui impératif d’accepter cette crise inédite pour imaginer un lendemain plus heureux. Comme le cite R. Lavillenie dans le podcast « Le corps et l’esprit » (disponible sur Spotify) s’adapter revient à « accepter de lâcher prise sur 2-3 trucs parce que je sais que derrière, je vais être capable de m’en servir et de pouvoir l’exploiter pour être encore meilleur, ou espérer être encore meilleur par la suite ». L’optimisme invite à s’adapter à la situation en s’y ouvrant. Et puisque l’optimisme est tourné vers un futur meilleur, cela induit l’apparition d’une recherche de solutions.

Comme à la suite d’une compétition ratée, cette crise actuelle vous pousse à élaborer de nouvelles stratégies et à être créatif. Catherine Testa nous parlait de volonté concernant l’optimisme. La volonté naît dans l’action. Vous ne pouvez plus vous entraîner de manière normale, qu’est-ce que vous pouvez mettre en place ? J’ai pu échanger avec les athlètes que j’accompagne sur leur adaptation à cette situation. L’Homme a cette capacité de s’adapter à toute situation grâce à son intelligence depuis le début des temps.

La recherche de solutions peut aussi pencher du côté des sphères de votre vie pour lesquelles vous avez moins de temps lorsque vous tournez à plein régime. Cette période peut vous conduire à prendre du temps pour vous et pour vos proches. Cette crise est une opportunité folle pour ralentir dans ce monde où vous vivez à 100 km/h. C’est sans doute l’occasion de vous adonner à de nouvelles activités, d’autres passions que le sport. Le sport est un pilier mais il ne peut pas être le seul. D’autres piliers ont pour tâche d’équilibrer le système en période de crise. Au-delà du travail ou de votre projet scolaire, il y a également la famille, les loisirs, les amis, votre amoureux ou amoureuse. C’est le moment de vous y consacrer davantage !

L’optimisme est contagieux

L’optimisme est aussi extrêmement lié à votre relation aux autres. Le comportement adopté par les personnes prises dans les pièges de l’ego est autocentré (article en attente de publication sur le site de FOCUS formations). C’est souvent ce qu’il se passe quand vous n’allez pas bien. En ce sens, le pessimiste y va toujours de son commentaire négatif et crée une séparation avec les autres car il souhaite avoir raison. Il a besoin d’être vu, entendu. Cela le conforte dans son cocon improductif. En revanche, l’optimiste va plutôt se tourner vers les autres. Il adopte des comportements prosociaux. L’optimiste inspire et donne de l’énergie. Grâce à ses actions, une contagion émotionnelle s’instaure. Enfin une contagion positive me direz-vous 😉. L’optimiste inspire car il réveille vos rêves, vos désirs. Il crée un élan que très souvent la peur retient en cours de route. L’optimiste n’a pas peur de voir que le chemin est semé d’embûches car il sait que sa persévérance et sa ténacité vont faire la différence. L’optimiste rebondit après les échecs et désir jusqu’au bout, malgré la présence des doutes. Après le portrait peu flatteur de l’ego, voilà un portrait bien plus flatteur de l’optimisme !

Heureusement, l’optimisme s’apprend.

Je vous propose ici quelques pistes d’exercices afin d’apprendre l’optimisme.

La méditation de pleine conscience

Comme l’indique Sébastien Boehler, l’activité de l’optimisme et de la méditation de pleine conscience se situe dans l’hémisphère gauche de notre cerveau. Tandis que le pessimisme trouverait sa place dans l’hémisphère droit. Ainsi, la pratique de la méditation de pleine conscience régulière permettrait de développer l’optimisme. Sans doute grâce à son principe phare : l’acceptation des pensées, émotions et sensations corporelles, sans jugement. En ne vous attachant pas aux pensées ou émotions désagréables, vous ne créez pas cette humeur du pessimiste. Vous avez l’esprit clair pour agir selon vos valeurs et vos désirs profonds.

L’application de méditation de pleine conscience « Petit Bambou » propose le programme « s’offrir du positif ». Ce programme de psychologie positive vous permet de mettre un pied dans ce qu’il y a de bon en vous. Et cela fait tout simplement du bien.

Exercice de l’autobiographie future

L’écriture a cette faiblesse de mettre des mots sous silence. Ils sont sous notre nez, attendant sagement que notre attention se pose sur eux, pour finalement, nous ouvrir les yeux.

Lorsque vous êtes dans une situation d’incertitude et de doute quant à l’avenir, écrivez votre autobiographie future en étant aussi précis que possible sur ce qui vous anime, ce que vous souhaitez réellement, les étapes à entreprendre, vos motivations, la personne que vous allez être en atteignant vos objectifs, les émotions ressenties, les personnes qui vous entourent, les opportunités que cela va déclencher… Vous pouvez également imaginer des imprévus, des difficultés, et vos réactions face à celle-ci, faisant partie intégrante de la réalisation des objectifs. Ecrivez en formulant vos verbes au futur. Soyez indulgent et patient, le but de cet exercice est de créer une vision et d’apporter un peu plus de certitudes et de cohérence. Lorsque vous avez terminé, posez votre crayon et votre feuille, et fermez les yeux. Prenez quelques instants de calme pour vous connecter à votre respiration, puis pour ressentir l’énergie dans votre corps. Laissez aller et venir les images survenant de cet exercice. Et pour clôturer, esquissez un léger sourire. (Car un sourire induit a le même effet qu’un sourire réel pour notre cerveau !)

Avoir de la gratitude : Dire merci

En cette période, il peut être bon de prendre conscience des petits moments agréables de vos journées en les répertoriant dans un journal chaque soir. Cumuler ses petits moments permet de vous ouvrir et d’avoir une conscience élargie de ce qui peut se passer de bon dans votre journée. Vous ne banalisez plus le bien. Vous le reconnaissez et cela fait une belle différence.

Aussi, lors du programme de pleine conscience MBSR, la personne en charge de ce programme avait pour rituel de dire merci en souriant à chaque fin de prise de parole d’un(e) membre d’un groupe. Ce rituel apportait beaucoup de chaleur et de soutien. L’exercice que je vous propose consiste à vous rappeler une personne importante à vos yeux. Cette personne vous apporte au quotidien. Elle vous offre du soutien, du rire, de l’écoute quand vous en avez besoin. Elle est présente depuis quelques temps, voir depuis toujours. Il est venu le temps de la remercier. Prenez un stylo et un crayon, et écrivez-lui pour la remercier. Soyez bref ou soyez long, peu importe. Le plus important est ce qui se trouve dans votre message. Votre relation en ressortira encore plus grandie. Tony Parker soutient cette idée : « […] Tout l’amour que l’on montre à nos proches et à nos amis, je pense que ça, c’est ce qu’il faudra qu’on garde même après le corona ».

Conscience cosmique

« Je me sens pas le plus chanceux mais c’est pas moi le plus à plaindre. J’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre. »

Grand corps malade, Je dors sur mes 2 oreilles

Pour terminer sur ces quelques exercices, je vous invite à être cet astronaute, voyant la situation sur l’ensemble de la planète. Cette conscience cosmique peut faire apparaître un sentiment de compassion. La compassion signifie « souffrir avec ». L’ensemble des humains de la planète vit cette crise. Tous les athlètes ont vu leurs objectifs tombés ou reportés. Mais ces objectifs se mettent au second plan lorsqu’il s’agit de la santé de chacun d’entre nous. Il y a des situations plus difficiles, ailleurs dans le monde. Restez optimiste quant à la réalisation de vos objectifs. Aujourd’hui est juste le moment d’être solidaire et de prendre soin de vous.

Conclusion

« Alors quand ce virus partira comme il est venu, que restera-t-il de tous ses effets secondaires ? Qu’est-ce qu’on aura gagné avec tout ce qu’on a perdu ? »

Grand corps malade, Effets secondaires

Laissez-vous porter par l’espoir d’un meilleur lendemain. Et ce, tout en restant actif durant cette période. Une crise est faite pour apprendre. Apprenez sur vous, apprenez à travers les livres, apprenez grâce aux autres, apprenez grâce à vos actions. Méditez, jouez, respirez, lisez, riez, remerciez, jardinez, travaillez, parlez, écoutez, écrivez, visualisez, imaginez, créez. Tous ces verbes d’action vous poussent à apprendre. Pas celui de ruminer. Soyez OK avec les pensées et émotions désagréables, mais ne les laissez pas gouverner. Choisissez de nourrir l’optimisme. Le jour où toute cette période sera derrière vous, vous pourrez dire : j’en ai fait une opportunité.

Pierre Guillet, préparateur mental,

Membre du réseau professionnel FOCUS CONSULTANTS

Sitographie

Bibliographie

  • Edgar Morin, « Pour une crisologie »

Représentation du travail mental et autocompassion : Duo gagnant ?

A l’heure où beaucoup d’actions sont mises en place pour l’événement des Jeux Olympiques en France en 2024, il est pertinent de prendre position pour l’intégration des interventions des champs de la psychologie et de la préparation mentale auprès des athlètes. Conscientiser et apprendre à gérer ses activités mentales lors de son épreuve sportive, en entraînement et en compétition, est crucial pour atteindre ses objectifs de performance. Mon année au sein de la formation de préparation mentale dirigée par FOCUS CONSULTANTS, m’a fait comprendre deux aspects du suivi en préparation mentale que je souhaite partager avec vous.

Le prendre comme un jeu rend ce travail sérieux et indispensable, plus léger.

Bon nombre d’athlètes rencontrés ont une demande concernant la confiance en soi et la gestion du stress et des émotions. Les champs de la psychologie et de la préparation mentale, en communion, peuvent répondre à cette demande explicite. Les raisons implicites sont à explorer dans les activités psychiques plus ou moins profondes du cerveau de la personne. Il est honnête de dire que cette exploration peut être une source de peur au départ. La psychologie montre que l’être humain se base sur un système d’équilibre. Travailler sur ces activités cérébrales pour en déceler les pièges et découvrir de nouvelles habitudes cognitives, émotionnelles et comportementales peut déséquilibrer au départ. Cela peut déstabiliser, questionner, et même parfois être culpabilisant de prendre conscience de son fonctionnement psychique, allant des antécédents aux conséquences. Peut-être faut-il rendre cette découverte un peu moins lourde, en la percevant comme un jeu et une ouverture vers de nouvelles perspectives ? Nous avons toutes et tous été enfant et cette âme sera toujours en nous. Cet enfant, qui joue, qui découvre, pas à pas, en apprenant par essai-erreur, en osant malgré la peur. Les habiletés mentales utiles à la performance sont, au même titre que la marche ou la lecture, à développer grâce à un apprentissage intégrant l’attention, un engagement actif, de la répétition et l’acceptation des erreurs. Etre lucide sur son fonctionnement psychique, s’accepter soi-même dans son entièreté (ses qualités, ses fragilités, ses peurs) et se concentrer sur des points attentionnels pertinents sont autant d’étapes à respecter en psychologie et préparation mentale pour améliorer chez l’athlète son bien-être et, à postériori, la performance. Alors, oui, la préparation mentale en communion avec la psychologie, sont des activités à prendre en compte sérieusement par leurs validités scientifiques. Oui, elles doivent avoir un cadre éthique et déontologique pour apporter de la confiance dans la relation avec l’athlète. Mais dans ce cadre sérieux et professionnel, il peut être bon d’apporter une touche ludique afin de changer les représentations cognitives de l’athlète sur le travail mental qu’il(elle) doit effectuer. Les athlètes ont des exigences de toutes parts (personnelles, des entraîneurs, des fédérations, des sponsors et potentiellement des parents). C’est aussi une exigence à se poser que de travailler psychologiquement sur l’approche des entraînements et des compétitions. Mais ce ne doit pas être un fardeau. Le prendre comme un jeu rend ce travail sérieux et indispensable, plus léger.

De plus, aller sur le chemin de la connaissance de soi, grâce aux champs de la psychologie et de la préparation mentale,  peut tout simplement aider à prendre soin de soi. Comme évoqué précédemment, les athlètes ont des exigences personnelles ou extérieures. Les exigences ne s’accouplent pas de manière intuitive avec l’action de prendre soin de soi. Or, dans la théorie scientifique de la psychologie, il a été validé que prendre soin de soi grâce à l’autocompassion permettait de développer une résilience émotionnelle et de mettre son ego en arrière-plan. Une relation bien plus saine est entretenue avec soi-même.

prendre soin de soi, c’est s’appliquer à soi les conseils que nous pourrions donner à un(e) ami(e) en situation de souffrance.

La méditation de pleine conscience aide à développer cette autocompassion. Ce courant bouddhiste s’enregistre en psychologie dans la troisième vague des thérapies cognitivo-comportementales et se révèle comme un outil pertinent en préparation mentale. Très en vogue en ce moment, la méditation de pleine conscience permet, selon Jon Kabat-Zinn (P. 55, 2009), de « nous voir et de voir le monde sous des angles nouveaux, d’apprendre à travailler autrement avec notre corps, nos pensées, nos émotions, nos perceptions, et d’apprendre à rire un peu plus des choses, y compris de nous-mêmes, tout en nous entraînant à trouver et à garder notre équilibre le mieux que nous pouvons ». Par la pratique régulière de la méditation de pleine conscience, l’athlète apprends, par exemple, à conscientiser ses activités mentales et à se rendre compte qu’un nombre massif de pensées apparaît chaque jour dans le cerveau. De ce fait, gérer toutes ses pensées n’est pas aisé, surtout si elles apparaissent lors des compétitions et qu’elles sont liées à du jugement ou de l’autocritique (cet ego qui parle dans votre tête…). Heureusement, plus la personne apprend à reconnaître et accepter les pensées pour ce qu’elles sont et non à les percevoir comme une vérité pure, plus la personne va se détacher de ces dernières. La personne va ainsi lâcher prise avec les pensées qui pouvaient la faire perdre pied et être davantage en capacité de poser son attention dans l’instant présent et de se concentrer sur ce qu’il y a de plus pertinent pour sa performance. Le détachement des pensées amène la personne à prendre soin d’elle-même car la puissance de frappe des pensées limitantes va s’amoindrir. Concrètement, prendre soin de soi, c’est s’appliquer à soi les conseils que nous pourrions donner à un(e) ami(e) en situation de souffrance. Ceci nécessite encore de l’entraînement, ne l’oublions pas. Répéter, grâce à l’application Petit Bambou par exemple, des séances de méditation de pleine conscience chaque jour, provoque à long terme, des bienfaits psychologiques pour la personne pratiquante.

En guise de conclusion, je souhaite préciser que la psychologie est une science abstraite. Le cerveau de l’être humain est complexe, et ses activités le sont tout autant. Il n’y a donc pas de solution miracle dans les champs de la psychologie et de la préparation mentale. Travailler vos habiletés mentales en jouant et en méditant demande de l’entraînement et un engagement personnel profond. Mais ne dit-on pas que le JEU en vaut la chandelle ? Alors, foncez vers vos objectifs, mais n’oubliez pas de prendre soin de vous 😊

Exercice d’autocompassion : S’écrire une lettre.

Cet exercice est tiré de ma pratique d’autocompassion lors du programme MSC (mindful self-compassion). Chacun a en lui ce quelque chose qu’il n’aime pas ; une fragilité, une peur, quelque chose occasionnant de la honte, ou le fait se sentir pas assez bon. Je vous propose de réfléchir à quelque chose à propos de vous qui vous fait vous sentir mal (une peur, une habitude malsaine, votre apparence, etc). Lorsque votre situation est choisie, écrivez une lettre comme si vous discutiez avec un ami très cher se débattant dans une situation semblable à la vôtre. Quel mot de compassion et de soutien lui offririez-vous ? Ensuite, lisez la lettre et appliquer ces mots à vous-même.

Pour vous aider :

1. Choisir une situation amenant de l’inconfort ou du stress
2. Ecrire précisément les pensées qui apparaissent lors de cette situation, les émotions qui les accompagnent et les manifestations corporelles (lucidité).
3. Répondre à cette question : Quels conseils je donnerais à un proche rencontrant cette situation ?
– Classer les conseils par ordre de préférence

4. Ecrire la lettre

Mot d’ordre : Indulgence. Cet exercice n’est pas forcément facile à première vue. Ecrivez, faites des brouillons, recommencez, mais surtout, soyez indulgent avec vous-même. Il n’y a pas de performance. Ce sont juste vos mots, pour vous faire du bien, en cas de besoin.

5. Lire votre lettre chaque fois que vous en ressentez le besoin.

 

Pierre Guillet, préparateur mental

Membre du réseau de professionnels en préparation mentale,

FOCUS CONSULTANTS

 

Bibliographie :

Kabat-Zinn, J., & André, C. (2009). Au coeur de la tourmente, la pleine conscience: MBSR, la réduction du stress basée sur la mindfulness: programme complet en 8 semaines. De Boeck.

Neff, K. D. (2011). Self‐compassion, self‐esteem, and well‐being. Social and personality psychology compass, 5(1), 1-12.

La psychologie positive au service de l’accompagnement des athlètes ?

Qu’est-ce que la psychologie positive ? Quels peut être ses atouts pour l’accompagnement en préparation mentale ou bien même en coaching ? Et si on voyait le verre à moitié plein 😉

https://www.facebook.com/notes/pierre-guillet-préparateur-mental/linstant-scientifique-quil-est-bon-de-cultiver-le-positif/1781968355197823/