Le perfectionnisme (2/3)

En psychologie du sport, il existe deux types de perfectionnisme : le perfectionnisme fonctionnel et le perfectionnisme dysfonctionnel (ou névrotique). Ces deux formes de perfectionnismes se chevauchent et viennent influencer l’une et l’autre chez un même athlète. Vous avez pu identifier les caractéristiques et pièges du perfectionnisme dysfonctionnel dans le premier article. Dans l’article suivant, vous retrouverez la face positive du perfectionnisme et ce qui le caractérise. Lorsque les athlètes perfectionnistes sont centrés sur ce côté fonctionnel, leur santé mentale est davantage préservée. Ils progressent dans une atmosphere intèrieur plus sereine.

Quel est le rôle de l’effort, et de la conscience ? Quelles sont les stratégies adoptées par rapport au profil dysfonctionnel ? Quelles conséquences cela a-t-il sur les émotions ? Quelle est finalement la base de la pratique du perfectionniste ? Ce sont autant de sujets liés au perfectionnisme fonctionnel que vous allez découvrir.

Le perfectionnisme fonctionnel

Don’t worry, be happy

Le perfectionnisme dysfonctionnel prenant généralement le dessus, je vois plutôt le perfectionnisme fonctionnel comme la partie immergée de l’iceberg. Le perfectionnisme dysfonctionnel est à l’intellect ce que le perfectionnisme fonctionnel est au cœur et à la confiance. Le perfectionnisme dysfonctionnel est à l’ego ce que le perfectionnisme fonctionnel est à l’expérience. Il faut apprendre à canaliser le premier pour permettre au second d’éclore. Il faut apprendre à se désidentifier de l’ego pour être une nouvelle personne, à chaque instant. Car non, l’ego, ce n’est pas vous, bien qu’il vous fasse penser le contraire. Un sentiment d’harmonie se crée à cet instant.

« Il ne faut pas se leurrer. Je sais que je serai toujours tendu comme une arbalète avant un match et frustré comme personne à la fin. Mais au moins, je commence à percevoir le monde tel qu’il est et la place que j’y occupe. Je vois qu’il y a quelque chose de plus profond, de plus important et de plus durable que le jeu ou que moi-même. » Jonny Wilkinson

Sur ce versant du perfectionnisme, vous avez un goût prononcé pour l’effort, le progrès, la recherche de solutions, dans l’espoir de réussir. Cela génère un sentiment de confiance de soi, utile pour aller vers de petites et grandes réussites. Ces dernières alimentent au fur et à mesure le sentiment de confiance en soi. Bonjour cercle vertueux. Dans l’effort, l’ego n’est plus présent. L’énergie consommée est utilisée à bon escient et se focalise sur le dépassement de soi. Il est davantage question de courage plutôt que d’incertitude. Malgré la présence de cette dernière, vous faites l’expérience. Cela est sans doute coûteux pour vous. Mais vous faites le choix de l’expérience plutôt que la connaissance pure, parfois illusoire. L’expérience apporte la réalité et la vérité. Et l’effort naît dans l’expérience. Le renoncement dû à la détresse émotionnelle ne fait plus parti du vocabulaire. L’instinct premier est d’être dans l’effort sans se remettre en question de manière globale. Et ce, même si vous trébuchez encore et encore. Vous avancez plus sainement. Cette notion d’effort démarre très tôt dans votre vie, comme le déclare Jonny Wilkinson : « La plupart des garçons essaient une fois ou deux puis il passe à autre chose, que la balle passe, ou pas. En ce qui me concerne, je ne peux pas me contenter de ça. Je ne me lasse pas du plaisir simple de frapper dans une balle. Je continue encore et encore. Je peux taper des drops ainsi sans m’arrêter pendant une demi-heure, une heure. J’ai sept ans et j’ai trouvé un endroit à moi ou je peux répéter ce geste indéfiniment. »

La conscience

« Je comprends que je suis en train de me connaître de façon plus intime, en d’autres termes, j’approche ma spiritualité et cela est plus important que de m’épanouir sur un terrain de rugby. Et, ce n’est pas trop tôt, je commence à reprendre des forces, tout en découvrant une infime partie de moi-même dont j’ignorais tout. » Jonny Wilkinson

Je pense que je ne parlerai jamais assez de la conscience que vous mettez dans vos actions, accompagnées de vos intentions. L’inconscience est pertinente pour des gestes automatiques, qui vont faciliter la performance. Mais elle est aussi source de grand désarroi lorsqu’il s’agit des pensées et émotions vous faisant agir n’importe comment, sans que vous ayez le sentiment de contrôler quoi que ce soit. Amener de la conscience dans ce que vous faites, c’est faire le choix de poser votre attention sur ce qui est bon et utile pour vous. Vous n’êtes pas guidé par des pulsions de l’ego puisque vous êtes le maître à bord. Jonny Wilkinson fut stupéfait lorsqu’il pris conscience de ses pulsions liées à l’ego :

« Quel choc. Quelle incroyable pensée. Je comprends si bien. Surtout si je rapporte cela au rugby. Avant les matchs, je me soucie de ce qu’il va bien pouvoir arriver et de tout ce qui pourrait aller de travers, ainsi que de mon besoin de perfection. Mais je ne me sens pas mieux pour autant. Je me tue à réfléchir en boucle sur ce que j’aurais dû faire de mieux et comment cela aurait pu changer le cours du jeu. »

La conscience vous permet d’amener votre attention sur l’effort que vous produisez. Vous êtes dans le défi plutôt que dans la peur. L’effort vous permet d’aller vers vos normes de performances très élevées en étant orienté vers la tâche. L’effort se trouve par essence dans l’action que vous produisez pour progresser. L’effort se moque de la conclusion car ce qui compte pour lui est maintenant. C’est ce lancer, cette foulée, ce tir, cette frappe, ce saut, cet appel/contre-appel, ce coup de rame. L’effort se mélange avec les éléments et est pleinement focus grâce à vos sens en éveil. Ces derniers sont orientés vers la pratique, pas vers des scénarios catastrophes. L’effort rend vigilant et vous pousse à répondre avec votre cœur. Ce cœur qui bat pour ce que vous êtes, pas pour ce que les autres veulent que vous soyez. Vous n’êtes plus inquiet de ne pas atteindre la perfection. Vous vivez l’expérience et ne résistez plus aux tourments de l’ego.

Les stratégies d’adaptation

« J’aspire toujours à la perfection parce qu’elle me donne la possibilité d’être au-dessus des autres sur le terrain. Je comprends mieux que je ne suis pas parfait et je m’y fais très bien désormais. » Jonny Wilkinson

N’étant pas centré sur vos inquiétudes, vous faites preuve de flexibilité. En ce sens, la rigidité du perfectionnisme dysfonctionnel se transforme en une capacité d’adaptation chez le perfectionnisme fonctionnel. Le besoin de contrôle est toujours omniprésent, mais diriger d’une manière plus efficiente. Cela réside dans le contrôle de vos émotions, pour agir rationnellement. Les peurs sont identifiées et ne prédominent plus. L’estime de soi n’est pas fragilisé par les coups de boutoirs de vos jugements et vos autocritiques. Elle se stabilise grâce à une réorientation de votre attention vers ce que vous faites. Grâce à cela, votre valeur personnelle n’est pas remise en question à chaque fois que vous échouez. Vous vous connaissez davantage et cela fait la différence.

En termes d’objectifs, vous établissez, selon le modèle 2×2, des objectifs plus sains pour votre progression :

  • Approche-performance qui est votre motivation pour démontrer une compétence normative (par exemple, atteindre 95% de réussite en pénalité en match)
  • Approche-maîtrise représentant votre motivation pour atteindre une compétence absolue ou intrapersonnelle (par exemple, maîtriser le coup de pied à 45m des poteaux).

Concernant les objectifs, Jonny Wilkinson répertoriait tout dans un cahier. Lorsqu’il était enfant, ses objectifs étaient même illustrés par des dessins, modélisant ses pénalités entre les poteaux. Il prenait également des notes sur ce que les meilleurs joueurs faisaient pour les imiter. Comme il dit « Tout ce que je veux, c’est copier ce geste. Je sais que je dois taper aussi bien de mon pied droit que du gauche, je veux que ce soit aussi parfait. » Et il répétait les gestes, inlassablement. Avec un ballon, ou n’importe quel matériel qu’il avait sous la main. Ce qui comptait pour lui était de continuer à s’entraîner pour remplir ses objectifs élevés. Et vous, utilisez-vous un cahier pour mettre vos objectifs au propre, afin d’avoir une vision claire de ce que vous souhaitez réaliser ?

En bon perfectionniste, votre stratégie est aussi de préparer consciencieusement votre match ou votre compétition selon un ordre d’actions très précises. Car oui, votre esprit ne vous laisse jamais tranquille. Ces routines vous permettent de ne pas réfléchir ou cogiter sur d’éventuels scénarios catastrophes car vous êtes pleinement focalisé sur ce que vous êtes en train de faire à un instant T. Ces routines vous donnent des repères mentaux, physiques, et environnementaux et vous permettent d’agir sur ce que vous pouvez contrôler. Chaque action, qu’elle soit mentale ou physique, est menée pour une raison précise. Votre souci du détail dévoilent un niveau de professionnalisme suscitant l’admiration chez les adversaires ou chez les fans. Vos partenaires ou entraîneurs ne sont, quant à eux, plus étonné de votre travail millimétré.

Les émotions positives

« Je veux en savoir plus sur moi-même, savoir pourquoi je me bats contre la terre entière au lieu d’en tirer parti. Pour arriver à cela, je réalise qu’il faut que j’apprenne à être plus en empathie, à assouplir mes opinions et mes jugements. » Jonny Wilkinson.

Vos jugements et autocritiques laissent place à quelque chose de plus sain. Sur ce versant du perfectionnisme, vous vous nourrissez d’affects positifs et êtes plus satisfait de la vie. Il ne s’agit pas de vivre dans un monde imaginaire de bisounours où vous vous efforcez de penser que tout va bien. Vous comprenez que votre vie d’athlète est faite de moments désagréables mais aussi de moments agréables qu’il faut savoir vivre pleinement. Être sur le terrain, se dépasser (seul ou à plusieurs), sentir le matériel dans ses mains ou dans ses pieds, ressentir l’ambiance d’un stade, voir le visage de ses partenaires ou de son entraîneur, etc. Ce sont des petits moments dont vous prenez à nouveau conscience car vous n’êtes plus centré sur votre ego. Vous ouvrez les yeux sur ce qu’il se passe autour de vous. Cette ouverture au monde et aux autres vous fait prendre une bouffée d’air frais. Le petit monde de l’ego, bien qu’utile pour donner un élan et la soif de victoire, n’a plus le pouvoir et ne vous emprisonne plus dans la croyance « Si je ne fais pas ça, ça ira mal. » ou « Les gens vont voir si j’échoue, il ne faut surtout pas que cela arrive. » Ces croyances, attirant une multitude de pensées, d’émotions et de comportements, sont reconnus comme des distracteurs et ne vous influencent plus. Les nombreuses sollicitations de ces distractions internes ne perturbent plus votre équilibre.

Les émotions positives passent également par votre discours interne, bien plus positif et prolifique. Vous n’êtes plus absorbé par la croyance que se dire des choses positives relève de la naïveté et de l’improductivité. Vous utilisez ce discours interne pour vous mettre en confiance. Vous connaissez les mots clés qui vous mettent dans une bulle de calme et de sérénité. Vous savez ce que vous devez écrire sur un petit bout de papier ou sur votre matériel pour insuffler un vent frais et positif dans chaque action que vous menez.

Conclusion : L’amour de votre pratique

« Tout le monde doit traverser une nuit obscure pour atteindre le lever du soleil ».

Il est vrai qu’en tant que préparateur mental, cette citation représente ma philosophie d’accompagnement. Vous amenez à avoir la capacité de toucher et vivre ce qui fait mal, mais également connaître ce qu’il y a de meilleur en vous. C’est ce qui réside dans le perfectionnisme. Avoir la capacité de comprendre son côté dysfonctionnel pour tirer le meilleur du côté fonctionnel. Toucher l’obscure peut être douloureux, mais nécessaire. Les pièges sont identifiés un à un, grâce à la conscience. Ces instants de conscience vous amènent à réfléchir et agir d’une manière neuve, qui vous ressemble un peu plus. Pour vous illustrer cela, j’ai fait le souhait de conclure sur l’essence de votre pratique respective. Dans un prochain article, je proposerai des pistes de travail pour les personnes perfectionnistes, souhaitant donner l’avantage au perfectionnisme fonctionnel.

« Quand vous tombez amoureux, tout est beau, car dans ces moments-là, vous ne posez aucune condition. Deux personnes se rapprochent l’une de l’autre inconditionnellement. » Osho

Inconditionnellement. Mot clé. Pas de condition ne signifie donc pas : « Je te donne cela, mais tu dois me donner cela en échange. » En sport, cela peut se construire sous la forme « Je me donne à chaque entraînement, je fais des sacrifices parfois, alors oui, toi mon sport que j’aime, tu dois me donner des résultats, sinon je serais malheureux et je t’abandonnerais. » Mais l’amour de votre pratique n’est pas ce chantage. Il est bien plus. Il y a de l’innocence pure dans ce que vous faites. Vous ne le faites pas pour quelque chose, vous le faites simplement. Parce que vous aimez juste faire cela. Lorsque vous tombez amoureux de votre sport, vous l’acceptez sous toutes ses formes. Vous acceptez les éléments qui l’entoure, le matériel utilisé, les sensations ressentis. De la douleur à la joie, vous faites l’expérience de ce que vous pouvez vivre dans une vie. Des situations difficiles aux joies personnelles ou collectives de s’être dépasser. L’amour vous construit en tant qu’homme et femme vers ce que vous êtes réellement. Il n’y a pas d’ego dans l’amour. Votre existence ne dépend pas de cet ego infatigable, qui en veut toujours plus, pour se complaire et être reconnu aux yeux des autres. L’amour de votre pratique est régie par l’humilité de comprendre ses zones de progression. Votre existence se lie à cet amour solitaire que vous menez avec votre sport. Mettez de l’intention, Vivez la spontanéité, ressentez la fraîcheur d’un bon matin d’entraînement, transcendez la douleur, dépassez vos limites, contemplez le sourire de vos partenaires, écoutez votre cœur mais également les conseils d’un entraîneur. Déployez vos forces. Accueillez votre vulnérabilité. Accepter de vous perdre en chemin. Laissez la peur, la tristesse ou la colère envoyer leur message naturel. Mettez à profit votre énergie. Prenez le temps d’être indulgent avec cette énergie. Parcourez le silence. Faites confiance à vos intuitions et votre sensibilité. Pensez moins. Cherchez moins d’explications. Allez de l’avant. Surfez sur vos défis. Jouez. Soyez vous-mêmes. Ceci est l’amour de votre pratique, le cœur de votre existence à un instant précis. Il n’y a pas de fin, pas de frontières, pas de conséquences d’un quelconque résultat. Il n’y a pas de jugements, juste un éternel recommencement. Il n’y a pas de chaînes, juste de la liberté.

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Pierre Guillet, préparateur mental

Membre du réseau de professionnels, « Focus Consultants »

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Le silence

Je crois que le silence a un double visage. Je crois qu’il représente la paix mais aussi le metteur en scène de nos peurs. Il nous livre à nous-même. Il nous expose. Il nous met à nu. L’absence de bruit, l’absence de distraction… Ces absences détiennent le pouvoir d’alimenter la relation avec soi, dans son entièreté. Fragilités et capacités mêlées. S’il n’est pas habituellement présent, le silence fait naître le vacarme intérieur. Un vacarme sombre où les angoisses surgissent. Vais-je réussir ? Suis-je assez… ? Tes limites vont-elles te définir à elles seules aux yeux des autres ? La respiration s’accélère, le cœur bat avec résonnance. Cela ressemble à une croisée des chemins où les choix prit face à ces angoisses, ici et maintenant, vont décider du futur. Le silence crée un orchestre désorganisé de pensées et d’émotions. La plus belle symphonie intervient au moment où le silence n’est plus un adversaire. Créer l’alliance avec le silence. Se lier à cet orchestre désorganisé pour le comprendre, se l’approprier. Trouver en chaque pensée et émotion, un musicien venant jouer sa partition. Trouver des accords entre ces musiciens. Prendre du recul, observer et écouter le mariage des partitions. La symphonie apparaîtra lorsque chaque musicien aura trouvé sa place au sein de l’orchestre, avec sa sensibilité et son message. Nous sommes nos propres chefs d’orchestre. Et le silence, notre baguette.

Le silence fait entrer dans l’obscurité la lumière de la conscience.

Le silence est magique à qui sait le reconnaître. Il aiguise notre perception. Et la qualité de notre perception influence la propre relation que nous entretenons avec nous-même, mais aussi celle du monde qui nous entoure et avec lequel nous entrons en interaction tous les jours. Notre équilibre personnel et relationnel dépend de nos perceptions et de notre capacité à s’installer dans un silence intérieur pour reconnaître ce qui se passe en nous. En d’autres termes, notre perception peut prendre de la valeur lorsqu’elle change de braquet face à une situation difficile ou à nous-même, à travers nos pensées, nos émotions et nos comportements. Nous utilisons notre énergie intérieure d’une autre manière. Il n’y a plus de lutte, il y a à présent compréhension.

Cet espace est un espace de liberté où la compréhension mène à l’action plus juste.

Le silence fait entrer dans l’obscurité la lumière de la conscience. Et être conscient, c’est affaiblir l’ego. Car un espace se crée. Il n’y a plus de réaction automatique. Vous n’êtes plus avec la laisse autour du cou, vous faisant promener par votre colère ou vos peurs. Cet espace est un espace de liberté où la compréhension mène à l’action plus juste. Retenez bien que la situation est toujours neutre. Seule votre perception et votre qualité de conscience dans le moment présent vous fait juger que cette situation crée votre malheur ou votre bonheur. Percevoir et poser la conscience sur les pensées et les émotions engendrées par la situation, est une première étape pour l’affronter. Vous n’êtes pas vos pensées et vos émotions. Vous êtes la conscience qui se cache derrière le voile des pensées et des émotions. Et qui dit conscience dit affaiblissement de l’ego. Cette conscience vous apporte une liberté et une palette de possibilités car vous n’êtes plus identifié à vos pensées et vos émotions. Vous n’êtes plus en train d’interpréter, de comparer, d’aimer, de ne pas aimer. Vous êtes libre.

Le silence n’est donc pas à craindre. Il apporte conscience et liberté. S’asseoir, méditer en pleine conscience, et accepter ce silence instructeur, c’est apprendre à lire en soi, plus finement.

Pierre Guillet, préparateur mental, Bordeaux

Membre du réseau professionnel FOCUS CONSULTANT