Tout est passé beaucoup trop vite.

Cet article est le court témoignage d’une expérience sportive récente, durant laquelle la préparation mentale m’a aidé à aller au bout de mon objectif.

Mercredi 25 août. 9h36. Mon corps est ici mais ma tête est toujours là-bas, dans les montagnes Pyrénéennes. Cet ultra-trail de 120 kms et 7000m de dénivelé positif a marqué de son empreinte ma vie à coup sûr. Je sais que je dois écrire quelque chose pour passer à l’étape suivante.

De flashes en flash, je revois les images de ma course. Je me souviens de décors magnifiques et d’un coucher de soleil inoubliable, de la présence réconfortante de ma fiancée, de mes amis et de ma famille, des sourires et de la bienveillance des bénévoles. Je perçois dans mes mains la chaleur de la tasse de soupe et la texture du haut de mes bâtons pour s’affranchir du dénivelé positif. Je me souviens de cette eau fraîche offerte par une dame, coulant d’un tuyau, et permettant à tous les coureurs de tremper pleinement leur casquette pour refroidir un crâne en surchauffe. Je visualise certains visages, hagards, emportés par les pensées et sans doute, quelques questionnements. Je vois aussi des visages déterminés et souriants. Je visualise des corps allongé à même le sol, rechargeant leur batterie humaine. Je sens à nouveau les larmes monter lorsque je repense à cet instant clé. Cet instant est celui où, lassé par les efforts et les pensées insatiables qui me disent : « pourquoi tu fais ça ? », je visualise ma fiancée, et mes ami.es à l’arrivée (je ne sais pas qu’il y aurait aussi ma famille). Je suis, environ, au kilomètre 80. Cet instant est magnifique tant il allie rationalité et émotionnalité. La partie rationnelle est celle où toutes les fausses raisons d’abandonner pètent en éclats en un instant. Lâcher parce que c’est long ? Foutaise. Lâcher parce que c’est dur ? Connerie. Comment vont les jambes ? Pas de crampes, pas de douleur inquiétante. Comment va l’estomac ? À merveille, il se languit du prochain ravitaillement. Trop fatigué pour mettre du rythme ? Faire une sieste de 10 minutes (et mettre un réveil au cas où, il ne s’agirait pas de se réveiller deux heures plus tard). Après cette enquête interne, le constat rationnel est simple : je peux avancer, continuer à m’alimenter normalement, mettre du rythme et lever le nez pour regarder l’horizon de temps en temps.

Au fur et à mesure des lignes couchées sur ce papier, je me rends compte que la partie rationnelle représente les étapes clés pour aller vers la partie émotionnelle : celle d’un objectif accompli, le cœur léger et rempli de joie. Cette joie de partager un moment unique avec celles et ceux que j’aime. Le bonus surprise viendra de cette tape dans la main de la part de mon entraîneur en guise de félicitations quelques mètres avant l’arrivée. Tout était finalement réuni pour une arrivée réussie. Entre dépassement de soi, compréhension de soi, liberté et partage, je peux vous dire maintenant, à tête reposée, pourquoi je fais ça, et à quel point j’ai envie d’y retourner. Parce que tout est passé beaucoup trop vite et que, finalement, 30h25, est un moment éphémère hors du commun dont je pourrais me souvenir avec allégresse et sérénité toute ma vie.

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